Des hivers de plus en plus rigoureux

Ingi Amr Dimanche 29 Décembre 2019-11:25:21 Chronique et Analyse
Des hivers de plus en plus rigoureux
Des hivers de plus en plus rigoureux

« Le changement climatique entraîne des étés plus chauds mais aussi des hivers plus froids », tel est l’avis d’une étude scientifique. La chaleur ne cesse de battre le record en été. Il paraît que le froid en fera de même cet hiver.

 

 

Le climat change. Mais il ne change pas tout seul. C’est le résultat des activités humaines. De point de vue scientifique, les étés plus chauds dans l’Hémisphère Nord bouleversent les régimes climatiques et provoquent des hivers plus intenses. D’après une étude faite par une équipe de scientifiques étrangers,« Au cours des vingt dernières années, des tendances au refroidissement à large échelle ont été enregistrées dans de grandes parties de l’Amérique du Nord et d’Eurasie.

En utilisant des données relatives aux températures, aux précipitations, à la neige et à la glace, l’équipe a trouvé que l’augmentation des températures d’été en Arctique signifiait que l’atmosphère pouvait retenir davantage d’humidité, conduisant à une augmentation des chutes de neige en automne dans les zones de haute latitude.  

L’analyse des données a montré que la couverture neigeuse moyenne en Eurasie avait augmenté au cours des vingt dernières années. Cette couverture neigeuse supplémentaire a en retour conduit à un changement de l’Oscillation Arctique, le principal système de pression atmosphérique qui régit le climat hivernal dans l’Hémisphère Nord.

Le réchauffement causé par l'Homme réduit la différence de température entre l’équateur et les pôles. L’atmosphère se réchauffe ainsi plus aux pôles qu’à l’Equateur. Cela pourrait amener un jet stream plus sinueux.

Le jet stream polaire est un courant d’air rapide de haute altitude qui se déplace rapidement d’ouest en est, séparant la masse d’air froid polaire de la masse d’air tempérée que l’on trouve habituellement en Europe et aux Etats-Unis. Il peut filer en ligne droite mais il peut aussi onduler, entraînant des phénomènes météo extrêmes. Le jet stream, qu’il soit plat ou courbé, a ses plus grands effets en hiver.

Les changements climatiques sont caractérisés par un réchauffement global de la planète mais ils pourraient aussi provoquer des hivers plus froids. C’est ce que soutient une étude, réalisée par l'institut de Potsdam de recherche sur l'impact climatique.

Le rétrécissement de la banquise dans l'est de l'Arctique provoque un réchauffement des couches inférieures de l'atmosphère dans cette région. Ce rétrécissement pourrait provoquer des anomalies dans la circulation atmosphérique à l'origine d'un rafraîchissement des régions septentrionales.
Ces anomalies-là pourraient tripler les probabilités d'avoir des hivers très froids en Europe et dans le nord de l'Asie, explique-t-il. De ce fait, les hivers rigoureux ne contredisent pas la tendance au réchauffement climatique planétaire mais au contraire abondent dans ce sens.

C’est vrai que les études parlent d’Europe, d’Amérique et d’Asie mais, quand même le Proche Orient est aussi touché, et par suite l’Egypte.

 

Si froid, même quand le climat se réchauffe

Il fait tellement chaud que le pergélisol fond! Par contre, l’hiver sera difficile.  A l’échelle planétaire, la couche de gaz à effet de serre s’épaissit et ça entraîne un réchauffement global de la Terre. Selon les chiffres de la NASA, les 10 années les plus chaudes jamais enregistrées sont les 10 dernières. (source projetletour.ca)

On ne peut pas analyser le climat qu’en regardant une seule journée ou une saison, ou même une année. Il faut regarder les tendances à longs termes. Et à long terme, la planète vit un réchauffement climatique.

Les hivers ne sont plus les mêmes. Les changements climatiques affectent la banquise arctique, le jet-streamet le vortex polaire, qui eux influent sur les hivers.

Il y a des changements majeurs qui ont lieu dans les océans. Ça pourrait avoir un lien avec, la fonte de la banquise, liée au réchauffement climatique.

 Une étude montre que ça pourrait influencer le climat mondial et même régional. Par exemple, dans l’océan Atlantique, les courants principaux, ceux qui dictent notre climat côtier, sont en réduction de puissance. Si ces affaiblissement se poursuivent, les impacts pourraient être que nos conditions hivernales vont probablement devenir de moins en moins stables, avec davantage de front d’air extrêmement froid venant de l’Arctique. (Et l’effet pourrait être inverse en été.)

En plus d’affecter la circulation océanique, la banquise, qui est beaucoup moins épaisse, peut déstabiliser le vortex polaire. Si ce dernier est déréglé, il va affecter les masses d’air chaud et d’air froid qui vont créer des oscillations immenses au dessus du continent. Le jet-stream (ou courant-jet) qui se forme entre ces masses d’air devient lui aussi fou et on a des températures en ciseau, des tempêtes suivies de pluies, des vents polaires, des glaçons dans la moustache et les narines qui collent ensemble.

 

Le paradoxe

Et si le réchauffement climatique entraînait, paradoxalement, des hivers plus froids? C’est le résultat d’une étude récente publiée dans la revue Nature.

C’est une conséquence relativement contre-intuitive du réchauffement climatique : il pourrait rendre les hivers plus rudes. C’est en tout cas ce qu’affirme une étude publiée récemment dans la revue Nature par un groupe de scientifiques américains et canadiens dirigés par Judah Cohen. (source: e-rse.ne)

Mais alors, pourquoi et comment un monde qui se réchauffe peut-il entraîner des hivers plus froids, plus extrêmes et avec plus de neige ? La réponse se trouve en Arctique. On vous explique.

Réchauffement climatique : quand l’Arctique est chaud, les hivers sont froids.  Le principal enseignement de l’étude est de souligner une corrélation statistique remarquable entre les températures arctiques et les épisodes hivernaux extrêmes. En résumé, en regardant toutes les données climatiques du siècle dernier, on s’aperçoit qu’à chaque fois que l’Arctique est plus chaud, l’hiver sur l’hémisphère Nord devient froid, rude et chaotique, avec plus de tempêtes, de chutes de neige et des températures record.

L’épisode de froid intense vécu aux Etats-Unis au début du mois de janvier, ou celui (plus relatif) vécu en Europe à la fin du mois de février sont de bons exemples de ces phénomènes extrêmes. Et cette année encore, on a pu constater que ces épisodes ont eu lieu en même temps qu’une année record en termes de chaleur en Arctique : cette saison, les températures au Pôle Nord étaient jusqu’à 25 degrés au dessus des moyennes de saison. La corrélation se vérifie donc encore une fois : quand l’Arctique est chaud, les hivers sur l’hémisphère Nord sont chaotiques.

Le problème, c’est que l’Arctique est l’une des régions les plus touchées par le réchauffement climatique. En effet, toutes les régions du monde ne sont pas impactées de façon homogène par la montée des températures. L’Arctique est l’une des régions du monde où les températures augmentent le plus vite : environ 2 fois plus vite que dans le reste du monde.

Cela est en partie lié aux circulations atmosphériques, qui ont tendance à entraîner un réchauffement plus important de l’air circulant autour de l’Arctique. Mais c’est aussi lié à la nature même de cette région. Comme elle est essentiellement composée de neige et de glace, l’effet d’albédo joue à plein dans la région Arctique. Cela signifie qu’en temps normal, une grande partie de la chaleur dégagée par le soleil est renvoyée vers l’espace par la réflexion sur la glace et la neige. Sauf qu’avec l’augmentation des taux de gaz à effet de serre, cet albédo diminue : une bonne partie de la chaleur réfléchie par la glace est piégée dans l’atmosphère et donc, la température monte. Ce faisant, la chaleur fait fondre la glace et la neige. Il y a donc plus de terre, de rochers et d’eau, qui eux, absorbent la température sans la renvoyer. Et il fait donc encore plus chaud, ce qui accentue le phénomène de réchauffement.

Cette sensibilité au réchauffement climatique laisse penser que de plus en plus souvent, les hivers en Arctique risquent d’être plus chauds que la moyenne. En même temps, les hivers européens risquent d’être plus froids.

Comment la température de l’Arctique influence les hivers de l’hémisphère Nord ? Bien sûr, l’étude ne démontre qu’une corrélation entre les températures arctiques et la nature des hivers de l’hémisphère Nord, pas une causalité expliquée. Cependant, selon les chercheurs à l’origine de l’étude, les données actuelles laissent penser que c’est le « vortex polaire » qui pourrait être à l’origine de cette corrélation.

Le vortex polaire est un système basse pression qui tourbillonne autour de la région polaire. Normalement, les circulations atmosphériques classiques concentrent ce vortex autour du pôle, mais certains scientifiques affirment qu’avec l’augmentation des températures, ces circulations sont modifiées. La principale conséquence serait de diminuer l’attraction du vortex autour du pôle, ce qui l’entraînerait plus au Sud, c’est à dire sur l’Europe du Nord et l’Amérique du Nord notamment.

Or comme ce vortex basse pression est chargé d’air froid, en dérivant vers le Sud, il apporterait avec lui des températures basses, mais aussi tous les phénomènes météo classiques liées aux dépressions : pluies, neige, humidité, vent…

 

Hivers plus froids, car il fait plus chaud

Une étude scientifique montre que la hausse du thermomètre est précisément à l'origine des hivers enneigés et particulièrement froids, en raison de la fonte de la calotte glaciaire.

Le fait peut sembler étrange et pourtant, selon des scientifiques, les hivers rigoureux qui se succèdent enEurope depuis dix ans sont liés, en grande partie, au réchauffement climatique.
 Au premier regard, la froideur glaciale qui s'est abattue sur l'Europe semble peu compatible avec la hausse moyenne des températures attendue d'ici la fin du siècle et qui pourrait atteindre de 5 à 6 degrés.
 Aux climato-sceptiques qui y voient la preuve que le changement climatique n'existe pas, certains scientifiques répondent que ces vagues de froid sont un refroidissement temporaire, au sein du réchauffement global.
Mais, une nouvelle étude va plus loin, et montre que la hausse du thermomètre est précisément à l'origine de ces hivers enneigés et particulièrement froids.

 Fonte de la calotte glaciaire. 
Le coupable serait la fonte de la calotte glaciaire arctique. Le réchauffement, deux à trois fois supérieur à la moyenne, a entraîné sa réduction de 20% ces 30 dernières années. Elle pourrait même disparaître entièrement durant les mois d'été d'ici la fin du siècle.
 Les rayons du soleil, qui ne sont plus repoussés par la glace, réchauffent encore un peu plus la surface du globe à cet endroit. 
Une mer sans glace, et c'est tout le système de pressions qui s'en trouve bouleversé.
"Mettons que l'océan soit à zéro degré", explique Stefan Rahmstorf, spécialiste du climat au prestigieux Institut Potsdam (Allemagne) pour la recherche sur l'impact climatique. 
"Il est ainsi beaucoup plus chaud que l'air ambiant dans cette zone polaire en hiver. Vous avez alors un important flux chaud qui remonte vers l'atmosphère, que vous n'avez pas quand tout est recouvert de glace. C'est un changement énorme", ajoute-t-il.
Le résultat, selon une étude publiée au début du mois par le Journal de Recherche Géophysique, est un système de hautes pressions qui pousse l'air polaire, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, vers l'Europe.



Tendance globale
"Ces anomalies pourraient tripler la probabilité d'avoir des hivers extrêmes en Europe et dans le nord de l'Asie", y explique le physicienVladimir Petoukhov, qui a dirigé l'étude.
D'autres explications pour ces hivers atypiques, comme une baisse de l'activité solaire ou des changements dans le Gulf Stream, "ont tendance à en exagérer les effets", ajoute Vladimir Petoukhov.
Il souligne également que lors de l'hiver glacial de 2005-2006, quand les températures étaient de 10° inférieures à la normale en Sibérie, aucune anomalie n'avait été constatée dans l'oscillation nord-atlantique, phénomène météorologique avancé par certains comme une explication possible de ces hivers rigoureux.
Les chercheurs soulignent que ces hivers particulièrement froids en Europe ne reflètent pas la tendance globale constatée sur l'ensemble du globe, où 2010 devrait être l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées.
"Quand je regarde par ma fenêtre, je vois 30 cm de neige et le thermomètre dit -14°", raconte Stefan Rahmstorf, qui s'exprimait au téléphone depuis Potsdam.
"En même temps, au Groenland, nous sommes au-dessus de zéro en décembre".



(Nouvelobs.com avec AFP)

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